Le Périgord de la préhistoire
Si notre Cro-Magnon périgourdin semble bien jeune (- 35 000 ans) face au squelette de Tautavel (- 400 000 ans) et à Lucy, petite bonne femme de 3 millions d'années, il n'en reste pas moins la figure de proue du Périgord.
Découvert aux Eyzies au milieu du siècle dernier, puis au Moustier, à la Férassie ..., il a drainé en Dordogne une foule d'archéologues et de chercheurs qui découvrirent dans la région l'un des plus riches gisements du monde.
Des deux cents sites répertoriés, les plus célèbres (Les Eyzies, La Madeleine, Le Moustier, La Micoque, Lascaux...) évoquent à eux seuls 200 000 ans d'histoire (le Paléolithique), 200 000 ans d'évolution qui allaient mener l'homme à maîtriser puis à perfectionner l'outil, à créer, conceptualiser et ritualiser. En témoignent les silex plus ou moins grossièrement taillés, les blocs sculptés, les dessins et symboles recouvrant les parois d'innombrables cavernes et, surtout, le formidable bestiaire de Lascaux, dont la beauté n'a pas encore révélé son secret. Ce foisonnement d'oeuvres d'art, d'abris et de grottes s'échelonnant tout au long de la Vallée de la Vézère, site inscrit par l'UNESCO au patrimoine de l'humanité, ne surprend pas vraiment en regard de la beauté des paysages, des falaises surplombant rivières et plaines cultivées, des forêts denses et mystérieuses. Tout ici, jusqu'au sol nous livrant de merveilleux fossiles (oursins, coquillages, feuillages...), est imprégné de l'âme de l'humanité, de la vie de la planète Terre.
Les Châteaux:
C'est ici en Périgord que l'on compte la plus grande densité de repaires nobles de France. D'après Jean Secret, le département de la Dordogne compte 1500 châteaux, manoirs et gentilhommières. Ce nombre élevé de châteaux s'explique en partie par les fortes rivalités successorales qui engendrèrent un grand nombre de petits seigneurs, sans grosses richesses, mais souvent prêts à affirmer leur suprématie.
La hauteur du donjon et l'épaisseur des courtines ne servent pas seulement à repousser les attaques, elles suggèrent aussi une image de puissance. Plus hauts sont les châteaux, mieux l'idée de domination sur la terre et les hommes va s'imposer dans l'esprit des humbles.
À partir de l'an mil, le château seigneurial connaît une évolution extraordinaire. En Périgord, cette évolution est facile à suivre, les innovations architecturales préférant se mêler aux anciennes au lieu de les remplacer purement et simplement.
En effet, bon nombre de châteaux périgourdins ont la particularité de faire cohabiter, de façon harmonieuse, une très grande diversité de styles due aux époques successives de construction.
Les Bastides:
En Périgord Le terme "bastide" désigne les villes nouvelles fondées pour le compte du roi de France ou d'Angleterre au cours des XIIIe et XIVe siècles. Dès cette époque, on trouve en effet dans les actes officiels la mention bastida seu villa nova (bastide ou village neuf) et bastida sive populationes (bastide ou centre de peuplement). En Périgord, vingt-cinq bastides environ furent créées, mais seulement dix-huit arrivèrent à maturité. Elles ont été édifiées entre la Guerre des Albigeois et celle de Cent ans, soit dans un laps de temps relativement bref, une soixante d’années environ, de 1250 à 1316. 1250 pour Villefranche-du-Périgord, et 1316 pour Saint-Barthélémy. Elles occupent principalement le sud du département, en raison de la proximité de l’Agenais.
Sarlat
Inscrite dans un triangle d'or entre Dordogne et Vézère qui l'enserrent comme un delta, Sarlat, capitale du Périgord Noir, noir comme la truffe - le diamant noir - ou comme les chênes verts qui couvrent ses coteaux ou encore la terre fraichement labourée de ses vallées fertiles, semble vraiment avoir été bénie des dieux.
Sarlat, dont la richesse de la vie culturelle ou de la gastronomie n'a rien à envier à la beauté de ses ruelles bordées de vieilles demeures de pierre ocre, se découvre tout au long de l'année, au rythme des saisons.